Les cantines en première ligne pour manger mieux

cantine manger mieux

Qui n’a pas le souvenir de repas sans saveur en milieu scolaire ? Mais les temps changent : certaines cantines sont aujourd’hui de véritables modèles tant elles favorisent la santé, le bon goût et l’écologie. Les français – y compris les responsables politiques et les décideurs – se déclarent en faveur de meilleures cantines.

Un levier économique, sanitaire et écologique

En quelques années la question du contenu des assiettes en restauration collective a acquis un statut de priorité, tant aux yeux des parents que des acteurs du territoire. De plus en plus sensibles aux risques liés à l’agriculture conventionnelle et aux aliments qui en découlent les parents n’acceptent pas pour leurs enfants ce qu’ils ont pu tolérer pour eux-mêmes. Ils veulent désormais que les cantines servent une alimentation appétissante et saine. Quant aux élus locaux, aux petites entreprises et aux agriculteurs, ils se sont découvert un intérêt commun : réduire l’achat de plats tout prêts pour leurs cantines et les remplacer par un approvisionnement d’ingrédients issus des fermes locales, qui seront cuisinés sur place. Cette démarche fait d’une pierre plusieurs coups : elle crée des emplois sur le territoire, offre des débouchés réguliers aux fermiers locaux, réduit la distance moyenne parcourue par les aliments et permet aux parents de demander que les ingrédients cuisinés soient issus de l’agriculture biologique. L’expérience montre également que cette « relocalisation » favorise l’implication et les comportements vertueux : réduction du gaspillage, tri des déchets etc…

Un engouement pour le local et le bio

Ce cercle vertueux est expérimenté dans des municipalités de plus en plus nombreuses, comme celle de Mouans Sartou (103.000 habitants) qui sert des repas 100% bio et s’approvisionne essentiellement sur place, notamment via un potager municipal qui produit 24 tonnes de légumes par an. Ces expériences réussies suscitent aujourd’hui l’engouement des Français et parfois l’impatience de citoyens dont les collectivités tardent à se remettre en question. Cette prise de conscience s’est traduite par une pétition lancée par l’association Agir pour l’environnement et qui a recueilli 100.000 signatures. Par ailleurs un sondage IFOP a montré que les ¾ des Français sont favorables à l’introduction d’aliments bio, locaux et de saison en restauration collective.

La lame de fond des cantines

En écho à cette attente, l’Assemblée Nationale a adopté une proposition de loi prévoyant d’ici 2020, 40% de produits locaux, de saison et plus écologiques dans les cantines. Plus précisément, d’ici au 1er janvier 2020, la composition des repas servis dans les restaurants collectifs publics devra inclure davantage de produits mentionnant la qualité et l’origine, issus de circuits courts, ou répondant à des critères de développement durable, notamment la saisonnalité, dont une partie issue de l’agriculture biologique. Un objectif peu ambitieux pour certains mais qui représente un défi considérable pour d’autres. Quelque soit le niveau d’engagement des cantines un véritable mouvement de fond se dessine à l’échelle du pays. Une bonne nouvelle pour les petits gourmands !

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