Gaspillage alimentaire : les distributeurs s’impliquent

Quel rôle ont les distributeurs dans le gaspillage alimentaire ?

A l’échelle mondiale, environ un tiers de la nourriture produite chaque année est gaspillée. Un fléau qui intervient à tous les stades de la chaîne, du producteur au consommateur, incluant aussi la responsabilité des distributeurs. Des solutions et des outils existent pourtant pour limiter les pertes.

Un constat accablant

Entre 30 et 50% des 4 milliards de tonnes de nourriture produites annuellement dans le monde n’atteindra jamais un estomac humain (1). La FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) précise que près d’1,3 milliard de tonnes de nourriture prennent le chemin des ordures chaque année avant même d’atterrir dans nos assiettes. Et ce gâchis en induit un autre, plus en amont : la dilapidation des ressources – eau, terre, énergie… – nécessaires pour produire des denrées qui ne seront jamais consommées. Environ 550 milliards de mètres cubes d’eau par an sont donc déversés inutilement dans les champs. Pour faire face à ce défi considérable, l’ONU et ses partenaires diffusent une série de recommandations utiles tout au long des filières, y compris au stade de la distribution : un contenu précieux dont chacun peut faire bon usage (2).

Les distributeurs en cause

Dans les pays industrialisés, le gaspillage est notamment dû aux circuits de distribution. On reproche ainsi aux grandes enseignes de retirer trop tôt des rayons les produits qui possèdent une date limite de consommation (DLC) ou de supprimer ceux qui présentent des défauts (étiquetage abîmé, fruits et légumes esthétiquement « non conformes »…). Ces pratiques représentent une cause majeure de gâchis car ces marchandises sont jetées alors qu’elles pourraient être consommées.

Pour réduire leurs déchets, les distributeurs peuvent pourtant mettre en place des procédures plus souples telles que la vente à bas prix de produits abîmés ou dont la DLC approche de l’expiration. Autre solution : limiter le volume des offres promotionnelles «un acheté-un offert» qui incitent le client à consommer davantage, souvent au-delà de ses besoins. La sensibilisation doit aussi être au cœur de leur action car le volume de produits jetés est souvent indirectement lié aux critères esthétiques parfois trop exigeants des consommateurs. De même, une gestion plus efficace des stocks des magasins, en adéquation avec la demande réelle, doit permettre de diminuer la casse.

De son côté, Markal a investi ces dernières années dans un outil informatique très précis qui lui permet d’éviter tout retour d’invendu et toute perte. Par ailleurs les produits vendus par la société ne possèdent pas de DLC mais une DLUO (date limite d’utilisation optimum) qui est souvent très longue parce qu’ils sont « secs ». Parce qu’un distributeur bio n’est pas seulement un vendeur de produits sains et naturels : il doit aussi adapter ses pratiques pour réduire les déchets et préserver les ressources de la planète.

(1) Rapport téléchargeable ici (en anglais): http://www.imeche.org/knowledge/themes/environment/global-food

(2) A consulter également (en français) le site de la campagne lancée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture « Pensez. Mangez. Préservez » : http://www.thinkeatsave.org/fr/ et le portail public français de la lutte anti-gaspillage alimentaire : http://alimentation.gouv.fr

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