L’huile de noix, un produit 100% drômois

Culture de noix pour l"huile de noix Markal

L’huile de noix vendue par Markal est fabriquée à partir de fruits cultivés biologiquement sur le territoire de l’AOC Noix de Grenoble, dans la Drôme. Quelques kilomètres seulement séparent la récolte du produit fini. En route pour explorer cette filière à taille humaine !

Locale et biologique

A l’heure où le « Made In France » est au coeur du débat public, les producteurs de Noix de Grenoble peuvent se flatter de cultiver l’un des rares fruits de l’hexagone à bénéficier d’une AOC. Il s’agit aussi d’une référence mondiale puisque 60 % de sa production est exportée. Un chiffre qui renforce la solide réputation que se sont forgés les nuciculteurs installés en Isère, en Savoie et en Drôme. Markal a toujours eu à cœur de travailler avec les agriculteurs locaux. Il était donc logique de profiter de ce savoir-faire et de ce terroir, situés à quelques encablures de son site, pour proposer à la vente des cerneaux et une huile de noix 100% drômois. Depuis cinq ans, l’entreprise collabore ainsi avec Jean-Noël Chaquet, dont la ferme est installée à Montmiral, dans la Drôme des Collines. Fils d’une famille de nuciculteurs, Jean-Noël a repris en 1995 l’exploitation familiale, installée en bio depuis 1970. Sur 18 hectares, il cultive principalement la Franquette, l’une des variétés phare de l’AOC. Si la vente de la noix en coque représente l’essentiel de son activité, Jean-Noël produit aussi, pour Markal, des cerneaux et de l’huile. La défense des filières locales fait partie de ses convictions (voir encadré).

Dans les secrets de l’énoisage

Dans le monde des nuciculteurs, l’automne est la saison la plus importante car elle donne le coup d’envoi de la récolte. En octobre, les noix sont ramassées avant d’être lavées, triées et calibrées. Les grosses sont sélectionnées pour être vendues en coque (entières). Les plus petites vont elles transiter par une machine, l’énoiseuse, qui va extraire les cerneaux de tailles multiples, qui sont ensuite triés manuellement. Les plus jolis vont en chambre froide. Ceux qui sont abîmés entrent dans la fabrication de l’huile de noix. Quant aux débris de coquilles, ils sont broyés pour être incorporés au compost : rien ne se perd dans la noix !

Pour presser les cerneaux et fabriquer l’huile, la ferme des Bayeux utilise un pressoir spécifique pour les noix. Pour un litre d’huile, on compte environ deux kilos de cerneaux, soit six kilos de noix. Le précieux liquide est ensuite stocké en chambre froide à la ferme puis conditionné en bouteille de 25 cl. Celles-ci seront ensuite livrées à l’usine Markal. Cette proximité permet aussi d’avoir un échange très transparent entre le producteur et Markal. L’huile possède un faible impact environnemental mais c’est loin d’être son seul atout ! Très riche en acides gras insaturés, en omégas trois, six et neuf, elle est indiquée pour la prévention des affections cardio-vasculaires. « L’huile de noix est presque un alicament ! Il suffit d’en verser un filet chaque jour sur la salade ou ses légumes pour profiter de ses bienfaits » analyse Jean-Noël Chaquet. Un conseil toutefois : n’utilisez pas l’huile de noix pour la cuisson et conservez-la au réfrigérateur car elle est fragile et a tendance à s’oxyder.

 

Interview de Jean-Noël Chaquet, nuciculteur installé à Montmiral, dans la Drôme des Collines, et producteur des cerneaux et de l’huile de noix commercialisés par Markal

Jean Noël CHAQUET, producteur de noix pour Markal

Question : En bio, comment protège-t-on les noyers des ravageurs (insectes) et des maladies ?
Jean-Noël Chaquet : Pour lutter contre les deux ennemis du noyer, le carpocapse – aussi appelé ver de la noix – et la mouche du brou, nous utilisons des insecticides naturels dont les matières actives sont biodégradables. Ils n’ont donc aucun impact sur la faune auxiliaire. Surtout, ces produits ne sont pas stockés dans le sol et ne polluent pas les nappes phréatiques. De même, pour empêcher la formation de champignons et lutter contre le développement des maladies nous fabriquons nos propres traitements, à base de cuivre et d’extraits de plantes comme l’ortie et la consoude. Jamais de produits chimiques !Question : Apportez-vous des engrais aux noyers ?
Jean-Noël Chaquet : Oui, mais seulement des engrais organiques. En bio, on nourrit le sol et le sol nourrit ensuite la plante, à la différence du conventionnel où l’on nourrit directement la plante, jamais le sol. Nous apportons donc divers éléments organiques tels que de la fiente de poule bio, les sous-produits de la mer (guano) ou de l’abattoir (farines de sang, de plumes…), la vinasse de betterave…

Question : Produire des noix biologiques demande-t-il plus de temps de travail qu’en
conventionnel ?
Jean-Noël Chaquet : Nos traitements et engrais sont nettement moins agressifs, ce qui veut dire aussi moins puissants. Il faut donc traiter plus régulièrement et apporter plus souvent des matières organiques. Par exemple, pour lutter contre les ravageurs, on traite une fois tous les 10 jours, contre une fois tous les 20 jours dans le conventionnel. Donc oui, la noix bio est très gourmande en temps de travail.

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