Transports : Markal en route vers la sobriété carbone

Chargement des camions de marchandise Markal

En France les infrastructures privilégient la route depuis plusieurs décennies. Dans ce contexte comment une entreprise écologique peut-elle réduire les émissions de ses transports de marchandises ? Bien consciente des répercussions de son activité, Markal explore toutes les alternatives pour diminuer ses rejets.

Relocaliser : une mesure de bon sens

Autant l’admettre, le modèle économique de Markal dépend étroitement des transports. La logistique représente donc une partie importante de son impact sur l’environnement. Pour accomplir sa mission de transformateur, la société s’approvisionne auprès de 300 fournisseurs différents et livre 1200 clients. Elle se trouve donc au carrefour d’un réseau de flux complexe. À l’heure où les perspectives de réchauffement climatique ne cessent de s’aggraver (+3 à +6°C d’ici la fin du siècle), Markal a conscience de sa part de responsabilité dans cette évolution et étudie donc toutes les solutions possibles. Une première mesure dictée par le bon sens consiste à sélectionner les producteurs dans un périmètre le plus proche possible du site de Saint-Marcel-Lès-Valence. Cet engagement fait partie des fondements mêmes de l’entreprise depuis ses origines. Il s’agit de « relocaliser » l’alimentation à chaque fois que les ressources locales le permettent, pour pallier aux nuisances de la mondialisation. Les noix ou le soja en sont de bons exemples.

Mieux gérer l’espace et ajuster la vitesse

Au-delà de cette philosophie, Markal essaie plus prosaïquement d’optimiser les trajets. « En ce qui concerne les marchandises des fournisseurs, les camions qui arrivent à notre usine de Saint Marcel-lès-Valence sont pleins dans 95% des cas » affirme Olivier Markarian, Président de Markal. Mais si cette optimisation a été possible en amont, la livraison des clients (en aval) s’avère plus éclatée et offre une souplesse beaucoup plus réduite. Autant que possible Markal envoie des camions remplis à 100%, mais une fois qu’ils rejoignent une plateforme logistique régionale, les marchandises sont redistribuées en fonction de leur destination et seul le transporteur peut garantir une bonne gestion de l’espace.

Cela dit les efforts écologiques peuvent aller plus loin comme le montre la société STEF qui assure une grande partie des transports de Markal. Elle a choisi de s’impliquer dans le développement durable non seulement via l’amélioration du remplissage ou l’expérimentation de véhicules verts, mais aussi en formant ses conducteurs à l’éco-conduite qui permet de réduire la consommation pour un même trajet, notamment en ajustant sa vitesse ou le régime du moteur.

Ces initiatives réduisent les nuisances du transport routier, mais ne les suppriment pas. Aussi à chaque fois qu’une alternative permet d’éviter la route, Markal s’en saisit (voir encadré). Le ferroutage par exemple, fait partie des options d’avenir : à l’échelle nationale reporter sur les rails 500.000 camions chaque année d’ici 2020 permettrait d’économiser 450.000 tonnes de CO2 par an. Aussi Markal reste vigilant et prêt à expérimenter toute nouvelle solution qui pourrait contribuer à ralentir le réchauffement climatique.

Ferrées ou maritimes : toutes les voies mènent à Markal

Depuis deux ans, les matières premières arrivant du nord de l’Italie empruntent les voies ferrées sur la plus longue partie du trajet qui les conduit à l’usine Markal. Non seulement le train réduit drastiquement les émissions de gaz à effets de serre par rapport au camion, mais le principe du ferroutage permet aussi d’ajouter 10% de marchandises supplémentaires : au lieu de peser 40 tonnes, les véhicules ont une capacité de 44 tonnes. Or pour ne rien gâcher, cette alternative ne coûte pas plus cher que le transport routier.

Pour les trajets intercontinentaux – beaucoup plus longs – depuis l’Asie par exemple, Markal favorise les voies maritimes. En faisant quelques efforts d’organisation, cette opportunité est parfois pertinente pour des fournisseurs plus proches. Pourquoi par exemple ne pas faire venir les pâtes produites en Sicile par voie maritime plutôt que routière ? Markal a fait en sorte qu’elles prennent le bateau de Palerme à Gênes et libèrent ainsi les routes déjà encombrées qui remontent la botte italienne.

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